Université d’été des Mouvements Sociaux et des Solidarités Nantes - 19 au 23 août 2020

Le 8 mars : une date symbolique pour les mouvements féministes

L’Université d’été des mouvements sociaux et des solidarités est un événement biennal organisé et porté par de très nombreuses organisations françaises issues du mouvement social. L’idée sous-jacente d’un tel événement est de rassembler autour de sujets comme l’urgence climatique, les atteintes aux droits humains (toujours plus nombreuses), ou encore la restriction des libertés et la destruction des biens communs.

En août 2020, l’Université d’été des mouvements sociaux et des solidarités se déroulera à Nantes et les luttes féministes qui y seront présentes permettront de porter un regard neuf sur l’ensemble des combats menés par les mouvements sociaux. Les femmes représentent de fait des victimes particulières du capitalisme, du racisme - qu’il s’exprime sous une forme post ou néocoloniale -, des attaques néolibérales contre les services publics et la protection sociale, du changement climatique et de toutes les autres dégradations environnementales.

Les luttes féministes comptent quelques dates symboliques à l’instar du 25 novembre (journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes) et le 8 mars (journée internationale de lutte pour les droits des femmes). Chaque année, le 8 mars, des manifestations ont lieu partout en France, sous la bannière de la grève féministe. La date du 8 mars s’inscrit dans la continuité d’autres journées, semaines et mois pour les droits des femmes qui donnent aux associations et collectifs féministes l’occasion de mettre en avant leurs réflexions concernant le système patriarcal, de promouvoir leurs luttes et de s’inspirer les unes des autres.

Grâce à cette date, les syndicats sont parvenus à mettre au centre du débat les inégalités criantes de salaire entre hommes et femmes. Ces dernières gagnent encore 25% de moins que leurs homologues masculins. 10 points de l’écart demeurent inexpliqués par la structure des emplois ou les emplois à temps partiel. Les femmes grévistes le 8 mars cessent donc de travailler à 15h40 parce qu’à partir de ce moment, elles cessent symboliquement d’être rémunérées. Si ces chiffres frappent les esprits, ils ne doivent pas faire oublier les nombreuses discriminations qui pèsent sur les femmes et les multiples combats menés pour l’égalité de genre. Le mouvement #MeToo, initié en 2006 par la militante afroféministe Tarana Burke et repris en 2017 suite aux retentissement de l’affaire Weinstein, a engendré une série de dénonciations des violences masculines, notamment dans les domaines du sport et du cinéma. Malheureusement, l’impunité des agresseurs est toujours une réalité, comme le prouve le récent scandale des césars en France, qui priment Roman Polanski, pourtant pédocriminel reconnu. Qui plus est, l’actualité récente polonaise démontre que les droits reproductifs ne sont jamais acquis et qu’ils doivent faire l’objet d’une vigilance constante, partout dans le monde.

Par ailleurs, certaines femmes subissent des oppressions spécifiques du fait de leur appartenance ethnique (réelle ou supposée), de leur statut migratoire, de leur handicap, de leur orientation sexuelle, de leur statut de femme trans, de leur poids ou de leur précarité. Ces oppressions multiples se renforcent mutuellement et appellent des luttes singulières qui puisent leur force dans les solidarités mutuelles qu’elles parviennent à tisser.

L’Université d’été sera ainsi l’occasion de réaffirmer que les féminismes demeurent des projets émancipateurs qui ne peuvent se contenter d’assurer la promotion de quelques femmes au sein d’un système socio-économique qui demeure vecteur d’injustices pour le plus grand nombre. Elle sera aussi l’occasion de faire avancer les luttes féministes au sein même de nos mouvements en rappelant que la lutte pour l’émancipation de tou·te·s ne peut se faire dans des cadres qui reproduisent des rapports de genre relevant de la domination masculine.

En somme, le 8 mars est l’occasion de nous rappeler que les féminismes ne sont pas des sujets de campagne, mais qu’ils sont un horizon vers lequel doivent s’efforcer de tendre toutes les personnes qui luttent pour le progrès social.

5 jours pour débattre, se former, Agir !

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